Un projet titanesque secoue le monde du divertissement et de la pop culture en Île-de-France. Alors que l’Arabie saoudite dévoilait il y a deux ans la construction du tout premier parc au monde dédié à la saga d’Akira Toriyama à Qiddiya, la France s’apprête à accueillir sa propre déclinaison. Portée par des investissements saoudiens à hauteur de plusieurs milliards d’euros, l’implantation choisie ravive un lieu chargé d’histoire : les ruines de l’ancien parc Mirapolis à Courdimanche, près de Cergy-Pontoise.
Entre nostalgie des années 1980, puissance financière du Golfe et engouement français pour le manga, ce projet suscite autant d’enthousiasme que de débats passionnés.
Une résurrection sur les cendres de Mirapolis
L’emplacement retient immédiatement l’attention des amateurs d’histoire urbaine et de parcs thématiques. Fermé en 1991 après seulement quatre ans d’exploitation et une faillite retentissante, Mirapolis était le tout premier grand parc d’attractions français. Son emblème, une statue géante de Gargantua de 35 mètres de haut visible depuis l’autoroute, a marqué les esprits avant d’être démantelée.

Depuis plus de trente ans, ce terrain de plusieurs dizaines d’hectares est resté à l’abandon. L’arrivée du projet Dragon Ball vient transformer cette friche francilienne en un hub de loisirs international. Un clin d’œil poétique de la pop culture : la statue du géant de Rabelais laisserait place au dragon magique Shenron, prêt à faire renaître le site.
La France, deuxième patrie du manga
Le choix de l’Île-de-France pour ce mégaprojet ne doit rien au hasard. La France est le deuxième marché mondial du manga et de la culture japonaise, juste derrière le Japon.
Depuis sa première diffusion dans le Club Dorothée à la fin des années 1980, Dragon Ball y bénéficie d’une popularité transgénérationnelle. Pour la firme Toei Animation et les investisseurs du fonds public saoudien Qiddiya Investment Company (QIC), implanter cette franchise à 30 kilomètres de Paris permet de capter une clientèle européenne captive et ultra-passionnée.
Des attractions immersives et une architecture monumentale
Bien que l’accès au site de Cergy-Pontoise soit calibré sur une superficie plus compacte que le complexe géant de Riyad, l’ambition reste inédite en Europe. Le concept architectural reposera sur les lieux cultes de la licence :
- Un Shenron colossal : À l’image du parc saoudien, la pièce maîtresse du site sera une sculpture monumentale du dragon Shenron intégrant un grand huit à sensations fort impressionnant.
- La quête des 7 Dragon Balls : Le parc devrait se découper en plusieurs zones emblématiques reconstituant fidèlement la Kame House, le siège de la Capsule Corporation ou encore le palais du Très-Haut.
- Attractions interactives : Les visiteurs pourront vivre des simulateurs de vol sur le Nuage Magique (Kinto-un) ou charger leurs propres Kamehameha grâce aux technologies de réalité augmentée et d’effets visuels.

Enjeux économiques et réticences locales
Sur le plan économique, la promesse est immense : création de milliers d’emplois directs et indirects, retombées hôtelières et redynamisation du nord-ouest francilien.
Cependant, l’annonce ne manque pas d’agiter les élites et associations locales. Si certains élus se réjouissent de l’attractivité touristique promise, d’autres pointent du doigt les difficultés logistiques — notamment la saturation potentielle des réseaux de transport routier et du RER A. Des voix s’élèvent également pour interroger la soutenabilité environnementale du complexe et le partenariat avec les fonds saoudiens.
À quoi s’attendre pour l’ouverture ?
Il faudra faire preuve d’une patience digne d’un entraînement dans la Salle du Temps. Les phases d’études d’impact, d’aménagement des infrastructures routières et de construction s’étaleront sur plusieurs années, pour une ouverture envisagée au tournant de la décennie 2030.
Quarante ans après l’échec de Mirapolis, le terrain de Cergy prépare sa revanche et pourrait bien devenir l’un des lieux de pèlerinage incontournables des passionnés de pop culture du monde entier.
